Breis…

Bernard Poignant imageBREIS est un sigle désormais familier aux socialistes et au‐delà. Au point que sa signification complète est souvent méconnue : Bureau de Recherches, d’Etudes et d’Informations Socialistes. Chacun a compris le clin d’oeil phonétique à BREIZH qui veut dire « Bretagne ».

C’est une association qui a un antécédent : la Fédération Socialiste de Bretagne. Elle a été fondée à Nantes en mars 1900 et regroupait à la fois des syndicats (69) et des groupes socialistes de toutes tendances (34). Son fondateur : le nantais Charles Brunellière. Son objectif : « coordonner les forces socialistes de Bretagne et unir les groupes existants ».

La Fédération adhérera en 1905 à la Section Française de l’Internationale Socialiste (SFIO). Mais le nouveau parti de Jean Jaurès et de Jules Guesde n’acceptait que les fédérations départementales. Il fallut s’y plier et ce fut chose faite en 1908.

Le BREIS est l’héritier de cette histoire. Il a été constitué en novembre 1972 à l’initiative de Michel Phlipponneau, universitaire rennais, l’année qui a suivi le congrès de l’unité des socialistes à Epinay‐sur‐Seine en juin 1971. Cette année‐là est signé, en juin 1972, le programme commun de gouvernement entre socialistes, communistes et radicaux de gauche. Les cinq départements se retrouvent dans le bureau mais la Loire‐Atlantique peu à peu s’éloignera. L’élection au suffrage universel des conseillers régionaux en mars 1986 mettra définitivement un terme à la présence des socialistes de ce département.

Le 11 septembre 1973 François Mitterrand, alors Premier Secrétaire, viendra parrainer la reconstitution de cette structure de coordination. C’est à ce moment qu’il apprendra le coup d’Etat contre le Président Allende et la mort de ce dernier.

Le BREIS n’a pas pour vocation de remplacer les fédérations des quatre départements. C’est une instance de rencontres, d’échanges, de coordination. A chaque rendez‐vous interne du Parti Socialiste (congrès ou convention), il élabore un texte mettant en avant les orientations communes des socialistes. A chaque élection nationale il présente aux candidats des propositions qui concernent la vie quotidienne des populations.

Les statuts du Parti Socialiste prévoient la mise en place d’une Union régionale réunissant des délégués de chaque fédération dans les 22 régions qui comptent plusieurs départements. Ce n’est pas toujours fait, ni toujours vivant quand ça l’est. Il faut un sentiment d’appartenance éprouvé pour faire vivre une telle structure. C’est le cas en Bretagne et c’est la tâche du Président du BREIS.

Sans qu’il y ait un lien direct, c’est le même esprit qui a guidé Jean‐Yves Le Drian, nouveau Président du Conseil régional en 2004, pour réunir ce que l’on appelle aujourd’hui le B16 qui comprend, outre l’assemblée régionale, les présidents des quatre conseils généraux et de toutes les communautés d’agglomération. La Bretagne a toujours besoin de se retrouver, y compris quand il s’agit des institutions elles‐mêmes.

Bernard Poignant. Président du Breis.