Réforme territoriale. « Opportunité historique » pour Jean-Jacques Urvoas. Interview donnée à Ouest-France

D'après Jean-Jacques Urvoas, " il n'y a rien de plus inopportun que de dissoudre la Bretagne dans un « grand ouest » informe".Le député finistérien se bagarre pour faire aboutir son projet d’Assemblée de Bretagne. Pour lui, pas de doute, il faut construire une Région à cinq départements.

Entretien avec Jean-Jacques Urvoas, député, président de la commission des Lois.

La déclaration de François Hollande « les conseils généraux ont vécu » bouscule-t-elle votre calendrier pour le projet de fusion des assemblées départementales en une Assemblée de Bretagne ?

Mon intention demeure inchangée. Quel que soit le cadre temporel, je m’en satisferais. Mais si la déclaration du Président permet de profiter d’un peu de temps pour affiner le projet, je prends !

Dans votre calendrier initial, les conseils généraux disparaissaient en 2020. Dans ce que nous dit le Président Hollande, ces conseils généraux sont supprimés dès 2016 ?

J’attends de voir écrits les projets du gouvernement. J’avais dans l’intention de permettre une évolution de la loi autorisant la convocation d’un référendum, en même temps que les élections régionales et cantonales, demandant aux Bretons leur accord sur une Assemblée de Bretagne en partant du principe qu’une volonté concordante des collectivités existantes était peu probable. Si les élections devaient être repoussées d’un an, cela ne sera peut-être pas nécessaire.

Que pensez-vous d’une région « grand ouest » ?

Nous avons une opportunité historique, au sens propre du terme. Pour une fois et paradoxalement l’opportunité de réaliser une Bretagne à cinq départements vient de Paris. Et les freins viendraient de Bretagne ? Ce serait jouer à front renversé ! Je peine à le croire. À mes yeux, il n’y a rien de plus inopportun que de dissoudre la Bretagne dans un « grand ouest » informe. Je ne crois pas plus à la vision Ouest Atlantique. Ce n’est qu’un découpage administratif qui n’aurait pas plus  de sens que ceux que les puissances impériales firent en figeant certaines frontières en Afrique. Il y a en Bretagne une réalité géographique, historique, culturelle : pourquoi imaginer autre chose ?

Vous allez publier un livre sur le sujet ?

Je le termine ce week-end. Il sortira fin mai chez Dialogues éditions. Il s’appellera « Pour une Assemblée de Bretagne » avec un sous-titre « manifeste pour mutation institutionnelle ». J’espère ainsi contribuer à concrétiser les intentions du Premier ministre, qui à l’évidence, veut aller vite !